Les chanteuses d’ici signent une missive enflammée et dénoncent le sexisme

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Plusieurs artistes féminines ont décidé de dénoncer les inégalités hommes-femmes dans l’industrie musicale.

Ce jeudi, le regroupement F.E.M., pour Femmes en musique, a publié un message nécessaire sur les réseaux sociaux.

Elles sont plus d’une centaine à avoir signé la missive enflammée et intelligente, qu’on pense à Ariane Brunet, Amylie, Ariane Moffatt, Amélie Mandeville, Alexe Gaudreault, Marie-Pierre Arthur, Salomé Leclerc, Safia Nolin, Catherine Leduc, Lisa Leblanc et plusieurs autres.

Dans cette lettre, ces artistes talentueuses dénoncent ouvertement la misogynie et le sexisme dans le milieu musical québécois, les inégalités hommes-femmes, la sous-représentation des femmes dans les programmations des différents événements musicaux du Québec et tentent d’ouvrir le dialogue pour trouver des solutions.

« Finalement, entre chanteuses, musiciennes, auteures-compositrices-interprètes, techniciennes et autres intervenantes féminines du milieu, nous nous entendons toutes pour dire que le sexisme existe bel et bien dans l’industrie de la musique et que la plupart d’entre nous l’avons vécu, à un moment ou à un autre : ne serait-ce que par les préjugés véhiculés quant à nos connaissances de la technique ou de l’équipement, par la remise en doute de notre talent, de notre expérience ou de notre pertinence », peut-on lire dans la longue lettre.

Elles ajoutent : « Depuis la médiatisation récente du contenu de différents festivals québécois, nous avons aussi pris conscience avec consternation de la faible représentation des femmes dans les programmations (souvent moins de 30% et même 10% dans certains festivals, alors qu’à la Société Professionnelle des Auteurs et Compositeurs du Québec, dans le volet Chanson, on recense 42% de femmes inscrites et 49% à l’Union des Artistes). L’automne dernier, nous nous indignions également de constater que la dernière femme à avoir remporté le trophée d’auteure-compositrice de l’année à l’ADISQ était Francine Raymond, en 1993. Et c’est sans parler des inégalités salariales (selon certaines statistiques de l’Union des Artistes, les femmes gagnent en moyenne 75% de ce que gagnent les hommes), des inégalités quant à la longévité des carrières (âgisme) et des conséquences négatives de la maternité pour les femmes de notre industrie. »

« Acteurs (trices) de la scène musicale québécoise, soyez au coeur du changement souhaité et nécessaire pour un milieu sain et équilibré qui inspirera les jeunes artistes, musiciennes, techniciennes et intervenantes du milieu de la musique de demain, à croire que ce métier peut être épanouissant pour TOUS. Maintenant, ouvrons la discussion à savoir comment on peut y parvenir! »

Partageant cette publication, plusieurs des signataires n’hésitent pas à dévoiler des moments où elles ont été victimes de sexisme dans le milieu, ce qui frappe d’autant plus. Il est difficile de voir à quel point elles peuvent ne pas être prises au sérieux, malgré tout le talent qu’elles ont.

C’est un message important que font circuler aujourd’hui ces courageuses artistes féminines de tous les horizons et nous nous devons de l’entendre. #Femmesenmusique

Stéphanie Nolin Littéraire de formation, passionnée du septième art, téléphile, mélomane curieuse, blogueuse culinaire en dilettante, férue de mots et de culture. Après une incursion prolongée dans le monde des communications universitaires, elle peut maintenant dire qu'elle concilie travail et passion en écrivant pour Cinoche.com et Showbizz.net... et elle ne s'en plaint pas du tout.