Stéphanie Boulay envoie un message inspirant sur la quête de beauté des femmes

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La chanteuse a rédigé un texte touchant sur Instagram.

Cette semaine, Stéphanie Boulay, la moitié du duo Les soeurs Boulay, a décidé de rédiger un message d’espoir pour les femmes ayant un problème avec leur apparence (lire : toutes les femmes). Celle-ci a ressorti une vieille photo de ses albums d’enfant un vieux cliché d’elle, particulièrement maigre. Elle explique dans son texte, dont vous pouvez lire des extraits ci-dessous, qu’elle souhaite un monde où le poids d’une femme ne la définirait pas.

Elle explique également aussi que des filles « moyennes », ni enrobés ni minces, n’ont pas de modèle; « elles sont où dans les magazines, dans les défilés? » Elle termine avec un cri du coeur des plus inspirants.

Merci Stéphanie pour ce « pétage de coche » nécessaire!

« Aujourd’hui, je pète ma coche pis j’ai envie de crier: « on peut tu juste parler de femmes tout court, on peut tu montrer toutes les femmes, sans les mettre dans des cases de poids? » » – Stéphanie Boulay

« C’est fucked up être une femme, être un humain dans le fond, pis se voir tout le temps, en photo, à la télé, à côté de monde toujours plus beau pis plus mince que soi. Que tu pèses 100 ou 300 livres, la douleur du combat est là pareil », dit-elle d’abord.

« Mais hier matin, je sais pas ce qui s’est passé, je me suis réveillée pis je me suis dit « wow je suis belle, vive mon corps, vive mes cuisses, vive mon cul. » »

« J’y ai trouvé cette photo de moi, à 11 ans je pense. Je croyais vaguement avoir déjà souffert d’anorexie, parce que je sais que ma mère m’avait déjà emmenée chez le médecin un moment donné en lui disant que je mangeais tellement rien que j’étais rendue faible pis anémique. Le médecin m’avait examinée pis avertie que si j’engraissais pas, il allait me placer en institut psychiatrique. J’ai tout de suite pris du poids pis on en a plus reparlé. »

« Notre société a fait un pas depuis qu’on « accorde » le droit aux filles enrobées de poser dans des magazines et de défiler pour des beaux vêtements chers. On les appelle « rondes », « taille plus », alors qu’on appelle les minces-maigres rien pantoute. Je me suis déjà aussi demandé: les filles « moyennes » comme moi, elles sont où dans les magazines, dans les défilés? ». Parce que j’avais besoin d’un modèle de mon format à quelque part de flasheux et beau pour espérer me complaire dans ma peau. Mais y en a pas tant: peut-être que c’est plate, une fille « moyenne », ça fait moins rêver qu’un mannequin traditionnel pis y’a rien à dire là-dessus niveau marketing. »

« Aujourd’hui, je pète ma coche pis j’ai envie de crier: « on peut tu juste parler de femmes tout court, on peut tu montrer toutes les femmes, sans les mettre dans des cases de poids? » »

« On peut tu essayer de faire une mini différence dans la vie d’une couple de petits enfants de 11 ans qui stressent déjà sur la forme de leur corps versus leur place dans le monde? S’ils sont bien dans leur peau, ils vont peut-être mieux pouvoir s’en occuper que nous, du monde. »

(1/2) D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu perdre du poids. Certains seront choqués de lire ça, d’autres comprendront. C’est fucked up être une femme, être un humain dans le fond, pis se voir tout le temps, en photo, à la télé, à côté de monde toujours plus beau pis plus mince que soi. Que tu pèses 100 ou 300 livres, la douleur du combat est là pareil. Mais hier matin, je sais pas ce qui s’est passé, je me suis réveillée pis je me suis dit « wow je suis belle, vive mon corps, vive mes cuisses, vive mon cul. » Je savais pas si ce feeling-là allait durer, mais j’ai vraiment passé une belle journée, en tout cas. Pis juste avant de me coucher, j’ai sorti, fouille-moi pourquoi, un vieil album que mes amis du secondaire m’ont fait quand je suis partie de la Gaspésie pour aller étudier. J’y ai trouvé cette photo de moi, à 11 ans je pense. Je croyais vaguement avoir déjà souffert d’anorexie, parce que je sais que ma mère m’avait déjà emmenée chez le médecin un moment donné en lui disant que je mangeais tellement rien que j’étais rendue faible pis anémique. Le médecin m’avait examinée pis avertie que si j’engraissais pas, il allait me placer en institut psychiatrique. J’ai tout de suite pris du poids pis on en a plus reparlé. De ma tête d’adulte, je me dis que c’était peut-être pas si grave, que j’avais peut-être juste eu une poussée de croissance, que l’anorexie c’est sûrement plus intense que ça. Mais je le sais pareil que j’étais malade pis que, dans le fond, je suis clairement pas tant guérie encore, même si ça paraît plus de l’extérieur. (Suite…)

Une photo publiée par Stéphanie Boulay (@bephaniesoulay) le

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis neuf ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.