L’heure bleue : Lent, lourd, tragique, mais pas inintéressant du tout

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La nouvelle série dramatique des auteurs de Yamaska ébranle par son sujet et son ton.

L’heure bleue était certainement l’une des séries les plus attendues au petit écran cette saison. Les adeptes de Yamaska, qui ont dû dire au revoir à leurs personnages préférés l’hiver dernier, étaient impatients de découvrir ce que leur réservaient les auteurs Anne Boyer et Michel d’Astous. Verdict : L’heure bleue est pesante, virulente et troublante.

Attention! À la fin du second épisode, il vous sera impossible de retenir vos larmes. La scène est d’une intensité déchirante, le genre qui vous transperce le coeur pour ne laisser qu’un trou béant dans votre abdomen. Préparez les mouchoirs!

Le sujet, celui d’une mère incapable de se remettre de la mort de son enfant de sept ans, est lourd et touche d’emblée le coeur des téléspectateurs. La protagoniste, Anne-Sophie, se croit responsable du décès de son petit garçon et prend la décision de quitter sa vie de famille en région pour un séjour en ville. Elle aboutira dans un petit appartement de la métropole avec des étudiants fêtards. L’opposition des deux réalités – celle d’une femme établie troublée et en deuil et celle de jeunes étudiants libertins – s’avère d’une richesse insoupçonnée. Même après deux épisodes, on comprend les innombrables possibilités d’échanges entre ces deux générations qui transportent avec elles un bagage bien différent.

Découvrez la touchante bande-annonce ici.

La trame narrative principale est entrecoupée par des souvenirs déchirants, des flashbacks qui permettent au téléspectateur de comprendre progressivement le drame indicible d’Anne-Sophie. Attention! À la fin du second épisode, il vous sera impossible de retenir vos larmes. La scène est d’une intensité déchirante, le genre qui vous transperce le coeur pour ne laisser qu’un trou béant dans votre abdomen. Préparez les mouchoirs!

Les comédiens – plusieurs sont des visages que nous n’avons pas l’habitude de voir au petit écran (et c’est très rafraîchissant!) – offrent des performances bouleversantes, à commencer par Céline Bonnier qui nous fait comprendre la détresse de son personnage dès les premières lignes. Benoît Gouin est aussi fort convaincant en mari aimant et impuissant, tout comme Alice Morel-Michaud en adolescente qui tente de trouver sa place dans cette famille mue par le deuil.

Nous sommes dans le drame avec un grand D. Peut-être qu’au fil des épisodes, l’histoire se complexifiera et se départira d’une couche de misère, mais, pour le moment, L’heure bleue est d’une épaisse intensité dramatique.

Il faut quand même mentionner que L’heure bleue est lente, introspective et mélancolique. Les auteurs ne laissent pas beaucoup – du moins, pas au début – de place à la comédie et à la légèreté. Nous sommes dans le drame avec un grand D. Peut-être qu’au fil des épisodes, l’histoire se complexifiera et se départira d’une couche de misère, mais, pour le moment, L’heure bleue est d’une épaisse intensité dramatique.

Les amateurs de téléromans familiaux seront certainement charmés et interpelés par cette proposition empoignante des auteurs de Yamaska, mais pour une série légère qui vous fait oublier vos angoisses quotidiennes, L’heure bleue n’est peut-être pas le choix avisé…

* Les deux premiers épisodes de L’heure bleue seront présentés en rafale le mercredi 11 janvier dès 20 h. Les épisodes suivants seront présentés tous les mercredis à 21 h.
Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis neuf ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.