Le riff familier de Julien Tremblay

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L’humoriste présentait pour la première fois son spectacle Humble et magnifique à la Salle Albert-Rousseau de Québec mercredi dernier.

Julien Tremblay roule sa bosse dans le monde de l’humour depuis un moment déjà, faisant des apparitions sporadiques dans des galas ou à la télévision. Toutefois, il ne s’était jamais prêté au jeu du one-man-show avant aujourd’hui.

Comme il a fait sa réputation avec ce riff de guitare, ses quelques pas de danse et ses punchlines salés en anglais (du genre : « I need my pussy in the morning »), nous étions en droit de nous questionner à savoir si Tremblay pouvait sortir de ce carcan qu’on lui connaît si bien et livrer un spectacle original d’une heure trente. Parce que son personnage de musicien-humoriste, c’est drôle 5-10-20 minutes, mais pas 1 h 30.

Mais, comme les gens qui le connaissent et qui ont acheté des billets l’ont fait en s’appuyant sur cedit personnage, il serait ingrat de ne pas donner au public ce pour quoi il a payé. Tremblay commence donc son spectacle, guitare à la main, et il ne faut pas attendre bien longtemps avant que ses quelques accords distinctifs résonnent dans la salle de spectacle.

Malheureusement, le rythme instauré par la guitare ne se brise jamais complètement, même lorsque l’humoriste dépose son accessoire. Il y a toujours ce tempo régulier – moins évident certes sans l’instrument, mais toujours présent – dans sa manière de livrer son texte. Une coupure plus drastique entre les passages avec et sans guitare serait probablement bénéfique et certainement moins redondante.

En ce qui concerne les sujets choisis, Tremblay exploite les mêmes thématiques que ses confrères : le couple, la famille (sa fille adolescente, sa mère, son grand-père), les séries télé, etc. Évidemment, il les exploite d’une manière plutôt originale et caractéristique. Son passage en fin de spectacle sur les gens qui méritent des « wow », mais qui n’en reçoivent pas suffisamment, m’a particulièrement plu.

Il faut dire que, comme je consomme beaucoup d’humour québécois, j’avais déjà vu plusieurs segments de son spectacle dans l’une ou l’autre de ses apparitions sur scène ou à la télévision. Et je dois avouer que ça m’agace beaucoup. Je comprends que la plupart des Québécois n’ont pas la même relation que moi avec l’humour, mais c’est toujours fâchant d’assister au premier one-man-show d’un humoriste duquel, réalise-t-on assis dans la salle, on connaît déjà le tiers du matériel…

Entendons-nous, on ne passe pas une mauvaise soirée avec Julien Tremblay; son personnage est différent et bien maîtrisé (malgré sa surexposition récente dans les galas d’humour) et la mise en scène de Laurent Paquin dynamise efficacement l’ensemble pour livrer un spectacle énergique qui vaut certainement le 32 $ investi. Mais, il manque encore quelque chose à cet humoriste pour se définir en dehors de ce riff familier…

Mentionnons que Franky s’occupe habilement de la première partie et intervient même plus tard dans le spectacle de mémorable façon.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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