Gala ComediHa! de Mario Tessier : Sauvé in extremis par Phil Roy

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ComediHa! 2016

Mario Tessier animait son premier gala Comediha! en solo cette année, et ce ne fut malheureusement pas l’incontestable réussite espérée.

Manifestement ravi de présenter son premier gala en solo dans la Capitale, l’ancienne Grande Gueule a offert un gala mi-figue mi-raisin qui n’aura que convaincu le public à moitié.

Le numéro d’ouverture, qui présentait l’animateur en compagnie de deux de ses scripteurs qu’il traitait comme des esclaves afin que ceux-ci lui pondent des textes impeccables pour ComediHa!, manquait de rigueur (ironie du sort?). On comprend où on a voulu en venir, mais les punchs tardaient à arriver et les malaises s’accumulaient.

Après avoir fait son entrée sobrement, des danseurs sont venus rejoindre l’animateur sur scène pour une finale à la manière d’une comédie musicale (on n’en attendait d’ailleurs pas moins de Mario Tessier).

L’animateur est revenu sur scène à trois reprises par la suite, deux fois en personnage, puis une fois en lui-même pour une finale musicale avec Marc Hervieux. Tessier a repris son rôle du vieillard désagréable, Monsieur Armand, lors d’un numéro inégal sur les personnes âgées au volant avec Patrice L’Écuyer.

Au retour de l’entracte, l’humoriste a enfilé perruque et bourrure pour une caricature de Donald Trump. Le sketch, au cours duquel le politicien américain avouait ses intentions de devenir maire de la ville de Québec, est tombé à plat alors que les jeux de mots moyens et les allusions au racisme et au sexisme de l’entrepreneur controversé se succédaient. « Festival d’étéroriste ». « Les Plaines d’Abraham. C’est qui ça Abraham? Ça sonne arabe ça. »

L’amour inconditionnel des gens de Québec

Réjean de Terrebonne a invariablement l’approbation innée des gens de Québec. Même si, personnellement, je n’en peux plus d’entendre ce « farfadet » alcoolique, le public semble en redemander. Encore une fois, Jean-Claude Gélinas a donc été accueilli en héros par le public du Grand Théâtre.

« Êtes-vous content de notre premier ministre, Justin Bieber? »
– Réjean de Terrebonne

Olivier Martineau a aussi été reçu affectueusement par les habitants de la Capitale-Nationale qui lui ont même offert une ovation debout à la fin de son numéro. L’humoriste au débit vocal hyperactif a proposé quelques gags très efficaces dans un style qu’il maîtrise à la perfection.

« J’me suis gossé une flûte dans un dildo,
j’ai appelé ça un sexophone. »
– Olivier Martineau

Prix de participation

Il y a malheureusement eu plusieurs numéros moyens au cours de ce deuxième gala de cette édition 2016. Le magicien Alain Choquette, avec un tour impliquant les mythes des Français envers les Québécois, n’a pas tout à fait rejoint sa cible, tout comme Ghyslain Dufresne, ancien membre des Chick’n Swell, qui a chanté « des anecdotes qui ne se racontent pas ».

« J’ai touché la bizoune à M. le curé. »
– Ghyslain Dufresne

Le Français Jean-Luc Lemoine a offert un sketch assez convenu, quoique pas ennuyant, et Alex Roy, qui a cassé la glace, a proposé un numéro sur les relations gars-filles intéressant, mais pas renversant. Sylvain Larocque a, pour sa part, parlé d’intimidation avec fraîcheur et répartie.

« L’intimidation c’est comme piler dans une crotte
de chien, ça laisse des traces. »
– Sylvain Larocque

Les surprises

Le trio européen BLØND and BLØND and BLÓND a aussi conquis le Québec avec son « Hómaj à la chonson française ». Étranges et décalés, les trois humoristes, qui se disent originaires de la Suède, ont apporté un vent de fraîcheur à cette soirée plutôt prévisible.

Phil Roy, avec son énergie débordante et sa bouille sympathique, est finalement venu sauver les meubles en fin de gala avec un numéro débonnaire sur les seins des femmes.

« T’arrêtes de complexer avec tes tits! »
– Phil Roy

Peut-être me direz-vous que mon amour pour Phil Roy n’a d’égal que mon indifférence pour Mario Tessier, et peut-être aurez-vous raison, mais ce gala, inabouti, ne m’a, malheureusement, pas convaincue.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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