Si je meurs demain, au moins j’aurai vu Alexandre Barrette en spectacle

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Difficile de ne pas être complètement charmé par cet humoriste simple et profondément sympathique qui se dévoile avec humilité et bonhomie.

Il faut de bons textes, mais surtout une maîtrise hors du commun pour faire cinq minutes (peut-être même sept) de stand-up sur un nachos. Alexandre Barrette ne relève pas simplement le défi, il en fait l’un de ses numéros les plus délirants et assumés. Pour ceux qui avaient vu l’humoriste à l’oeuvre dans son premier spectacle, ce deuxième one-man-show est une continuité logique de ce dernier, et pour ceux qui le découvrent, il s’agit d’une véritable révélation, un coup de coeur assuré.

L’animateur de Taxi payant possède un delivery hors du commun et une assurance sur scène (même s’il avoue manquer de confiance en lui dans la vie) qui charme rapidement le spectateur. L’humoriste livre un spectacle très personnel dans lequel il parle de ses anciennes relations amoureuses, de sa difficulté à faire des choix, de ses amis, de ses parents (le passage sur l’apprivoisement de Facebook par sa mère est particulièrement hilarant pour tout individu ayant entrepris l’expérience traumatisante d’expliquer les réseaux sociaux à celle qui l’a enfanté), de sa session d’hypnose avec une thérapeute et de sa mauvaise expérience avec des brownies au pot.

Barrette utilise aussi habilement le rappel afin de rassembler chacun des éléments de son spectacle pour en faire un ensemble logique. La finale, émouvante, lors de laquelle il s’exprime sur les choses qu’il ferait s’il apprenait qu’il n’avait plus qu’une seule journée à vivre, rejoint cette idée de boucle et clôt la représentation en beauté.

Mentionnons que, personnellement, j’ai eu un coup de coeur monstre pour sa blague de chauve-souris. Le pire dans l’histoire c’est que celle-ci n’était pas particulièrement hilarante – si je me fie aux rires sages de l’assistance qui détonaient certainement avec mon « tordage » en règle rangée H -, mais il s’agit probablement là de l’une des principales forces d’Alexandre Barrette : tout le monde y trouve son compte. L’humoriste de 34 ans arrive, à un moment ou à un autre, à toucher une corde sensible chez son public et à le conquérir avec panache.

Je me rassure d’une chose : si je meurs demain, au moins j’aurai vu Alexandre Barrette en spectacle…

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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