Mike Ward vs Jérémy Gabriel : Le procès se poursuit

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Rappelons que l’avocat de l’humoriste avait plaidé pour la liberté d’expression lors de leur dernière rencontre.

MISE À JOUR – 21:00

MISE À JOUR – 18:17

« L’humour n’est pas obligé d’être gentil » a répondu l’humoriste, interrogé par une horde de journalistes à son entrée en salle d’audience. « Y’en a qui aime ce que je fais, il y en a qui n’aime pas ce que je fais, et ceux qui n’aiment pas ce que je fais ne comprennent pas ce que je fais », a-t-il souligné.

« Je ne sais pas c’est quoi mes chances, c’est la première fois que je suis en cour et j’aime vraiment pas ça », a-t-il dit, visiblement éprouvé par les évènements, avant de tourner le dos aux caméras.

Jérémy Gabriel a pour sa part mentionné que cette journée en était une « émotionnellement très chargée » et sa mère a précisé être fière d’avoir ainsi défendue sa famille; « j’ai fait ce que j’avais à faire aujourd’hui », a-t-elle répondu aux journalistes.

Les plaidoiries des avocats auront lieu ce vendredi.

MISE À JOUR – 16:20

Plus tard dans l’après-midi, Mike Ward s’est présenté à la barre afin de dévoiler sa version des faits. L’humoriste a précisé d’entrée de jeu qu’il faisait de l’humour noir. « Je m’attaque aux tabous, je prends des sujets plus délicats, qui demandent plus de travail », a-t-il dit.

« Ne pas rire de quelqu’un, c’est le prendre en pitié. Souvent, on traite les handicapés comme un sous-peuple », a souligné Ward au juge Scott Hughes. L’humoriste, qui voulait faire comprendre à la cour « qu’on peut rire de tout »,  a précisé que dans son spectacle, il n’hésitait pas à se moquer aussi de lui-même, mentionnant qu’il a dit de lui que « de dos, je ressemblais à Ariane Moffatt ».

MISE À JOUR – 13:54

En cour, la mère de Jérémy Gabriel, Sylvie Gabriel, a qualifié « d’ignobles » les propos tenus par Mike Ward à l’endroit de son fils, atteint du syndrome de Treacher Collins. Elle précise que les blagues de l’humoriste sur l’aspect physique de Jérémy ont eu un effet dévastateur sur le moral de l’enfant, qui a souffert de dépression et d’insomnie. Le chanteur avait d’ailleurs affirmé, lors de la première audience, avoir songé au suicide à la suite des propos de l’humoriste.

« Mike Ward est venu détruire tout ce qu’on avait bâti », a déploré Mme Gabriel en cour.

D’autres témoins seront entendus cet après-midi au palais de justice de Montréal.

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C’est aujourd’hui, le mercredi 24 février, que l’humoriste Mike Ward sera de retour au palais de justice de Montréal dans le cadre du procès intenté par la Commission des droits de la personne au nom de Jérémy Gabriel contre lui. Le plaignant demande 80 000 $ à l’humoriste pour les préjudices subis.

Voici quelques extraits du numéro dans le spectacle s’Expose, qui ont engendré la controverse.

« Le p’tit qui avait comme un subwoofer s’a tête. Lui, tu vas à côté et tu vas entendre les commandes à l’auto du A&W. »

« Quand il a chanté pour le pape tout le monde a dit : « Yé ben poche lui, il fausse, il chante mal, y’é mauvais. Pi j’étais comme : Heille, yé mourant, il vit son rêve, son rêve c’était de fausser pour le pape, et là il est en train de le réaliser à merveille. Laisse-le vivre son rêve. »

« Je le défendais, et j’ai pas arrêté de le défendre, sauf que là, cinq ans plus tard, criss y’é pas encore mort! Il meurt pas le p’tit tabarnak. Moi j’te défends, toi tu crèves caliss! »

Vous pouvez voir les passages en question dans la vidéo ci-dessous :

Jérémy Gabriel, appelé jadis «le petit Jérémy», a dit avoir été victime d’intimidation à cause des propos de M. Ward tenus dans son spectacle. « L’humour ne donne pas tous les droits », écrivait le jeune Jérémy Gabriel sur Facebook lors de l’annonce de la première audience.

L’avocat de Mike Ward a plaidé pour la liberté d’expression.

Rappelons que celui-ci avait été soutenu par plusieurs collègues humoristes à l’automne 2015.

Mike Ward écrit sur son compte Facebook que le tout devrait se conclure vendredi. À suivre…

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis neuf ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.