Love sur Netflix : L’amour dans le monde de Judd Apatow

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Des textes décapants et des personnages déphasés font de cette nouvelle série de Netflix un cadeau inestimable aux fans de l’univers indiscipliné d’Apatow.

Frondeur, souvent décalé et effronté, Love raconte une histoire d’amour réconfortante qui dénonce les clichés et tronçonne les conventions à la scie à chaîne.

Bien que Love n’est pas que l’oeuvre de Judd Apatow (véritable gourou de l’humour au cinéma depuis le milieu des années 2000), on peut y ressentir sa patte et son style. Frondeur, souvent décalé et effronté, Love raconte une histoire d’amour réconfortante qui dénonce les clichés et tronçonne les conventions à la scie à chaîne.

Love suit Gus (Paul Rust), un gars très sympa, et Mickey (Gillian Jacobs), une jeune femme effrontée, qui vivent des moments tour à tour euphoriques et humiliants d’intimité, d’engagement, d’amour et d’autres choses qu’ils auraient préféré éviter. Love offre un regard désopilant, sans concession et douloureusement sincère sur les relations amoureuses d’aujourd’hui.

La principale qualité de cette nouvelle production originale de Netflix se trouve dans les textes affûtés du trio Apatow, Paul Rust et Lesley Arfin. Nous ne sommes pas ici en présence d’une série débordante d’action, il y a beaucoup de longs dialogues sur l’incompréhensibilité de l’amour et ses codes et aucune course de voitures ni explosion d’hélicoptères. Mais l’écriture y est si affûtée, si juste, qu’on échangerait pour rien au monde ces entretiens lancinants via textos et ses conversations piétinantes pour une autre course contre la montre de Jack Bauer. 

Les personnages sont à la fois déséquilibrés et profondément attachants.

Les personnages ne sont pas ceux qu’on a l’habitude de voir dans ce genre de comédie romantique. Gus est un tuteur sans malice à qui on reproche souvent d’être trop gentil et Mickey est cette alcoolique-toxicomane-nymphomane qui retombe continuellement dans les mêmes paterns. Ils sont à la fois déséquilibrés et profondément attachants. Les auteurs arrivent à pousser l’amabilité de Gus jusqu’à un niveau où même le public en est agacé, et malgré les nombreuses chutes et erreurs de Mickey on ne peut s’empêcher, ultimement, de l’adopter.

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© Netflix

Les nombreuses références cinématographiques et télévisuelles nous font aimer la série d’autant plus. Elle propose un regard neuf, plus moderne et déluré sur Hollywood et nous n’en sommes que plus satisfaits.

Il y a quelque chose de vrai, de frais et d’humain dans Love que nous n’avions pas vu dans les productions du réalisateur de 40 Year Old Virgin depuis trop longtemps. Déjà approuvée pour une deuxième saison, Love donne envie d’aimer, aussi maladroitement que le sentiment l’oblige et aussi passionnément que nécessaire.

Voyez la bande-annonce de la série – qui est disponible en version française ainsi qu’en version originale sous-titrée en français – ci-dessous :

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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