Piment Fort : « Ma vie est un long fleuve… de marde »

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Piment Fort

Tout le monde attendait le début de cette nouvelle mouture de l’émission humoristique avec une brique et un fanal. Découvrez notre appréciation.

Lorsqu’on regarde la situation de l’humour au Québec aujourd’hui, on se demande quelles libertés osera prendre l’émission.

Il y aura certainement plus de critiques négatives que positives après cette première émission de Piment Fort. Mauvaise foi? Mauvais timing? Mauvais show? La réponse n’est pas aussi évidente qu’on aurait pu le croire. La nouvelle mouture de Piment Fort ramène à la télévision un concept qui avait soulevé maintes controverses dans les années 1990, et lorsqu’on regarde la situation de l’humour au Québec aujourd’hui (avec ses nombreux humoristes qui ont baigné dans l’eau chaude en 2015 après s’être exprimés maladroitement sur les réseaux sociaux), on se demande quelles libertés osera prendre l’émission. Parce que déjà après dix minutes, l’animateur soulevait – à la blague – ne pas vouloir de poursuites cette fois.

Les blagues les plus salées de cette première émission ont été, sans aucun doute, prononcées par Mariana Mazza, qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle a notamment mentionné que la biographie du maire Denis Coderre (qui était sur place afin d’introduire Normand Brathwaite lors de sa première émission) s’intitulerait « Ma vie est un long fleuve… de marde ». Elle a également expliqué l’application mobile Tinder de la manière suivante : « C’est le seul endroit où un doigt est assez fort pour tasser une toutoune », et le burnout ainsi : « Demande à mononcle Normand ». Mazza a aussi terminé le proverbe : Il ne faut jamais mettre la charrue… par : « plus que deux fois sinon elle s’attache ».

Dominic Sillon s’est également démarqué grâce à quelques farces amusantes, mais on se questionne sur les raisons de la présence de Guy Jodoin sur le panel. On n’a rien contre l’animateur et comédien (au contraire, on l’aime beaucoup!), mais parmi les humoristes, il n’a pas les outils nécessaires pour se démarquer suffisamment dans ce genre d’émission délinquante. Malgré quelques bafouillages (et même une erreur dans le nom de l’une de ses catégories), Normand Brathwaite paraissait à l’aise sur cette scène et vraiment heureux de voir son émission revenir en ondes. La foule du Café Campus possédait aussi un enthousiasme contagieux. Les rires en canne (à moins qu’ils étaient vraiment bien faits et m’ont bernée) n’étaient pas nécessaires ici. Serait-ce « parce qu’y’a de la boisson »?

Normand Brathwaite saura-t-il garder son bateau à flot et ses invités au sec? La réponse au mois d’avril…

Nous avons également eu droit au classique « C’est chaud, c’est chaud, c’est chaud » lors de ce premier épisode, et je l’avoue très humblement; j’ai eu un petit frisson. La nostalgie paie, même ici.

Vous dire que je n’ai pas ri serait vous mentir. Il y a quelques répliques pimentées qui m’ont décroché des sourires et même des rires, mais l’intérêt du retour de ce concept est discutable, surtout dans un monde où les réseaux sociaux peuvent rapidement créer une tempête dans un verre d’eau. Normand Brathwaite saura-t-il garder son bateau à flot et ses invités au sec? La réponse au mois d’avril…

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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