Madonna Rebel Heart Tour 2015 : Québec sous le charme de la diva

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Même si elle a lancé un « Bonjour Montréal » lors de sa première intervention, les fans de la Capitale lui ont pardonné sa méprise et se sont laissés porter par la musique accrocheuse, les effets visuels et les acrobaties exceptionnelles du spectacle de La Madone.

Eh oui, elle a confondu la Capitale nationale à la métropole québécoise. Peut-être lui a-t-on soufflé que cette erreur en était une particulièrement litigieuse chez nous puisque la diva n’a cessé de se confondre en excuse au cours de la soirée. À trois ou quatre reprises, Madonna a demandé à ses fans de lui pardonner sa maladresse. « Je ne sais pas ce qu’il y a dans cette ville; elle me rend confuse », s’est expliquée la chanteuse.

Deuxième grand spectacle dans le Centre Vidéotron et l’artiste confond le public avec celui de Montréal. Ironie? Mais bon, passons sur ce quiproquo qui saura certainement faire jaser les animateurs de radio mardi matin…

Le spectacle de la tournée Rebel Heart de La Madone est divisé en quatre parties. La première s’intéresse à la thématique de la religion et du culte, le second en est un plus urbain, industriel, le troisième utilise les toréadors et les gitans comme toile de fond alors que le dernier nous plonge dans les années folles en plein coeur d’un cabaret. Tout ça a évidemment teinté par le thème caractéristique de l’auteure compositrice-interprète : le sexe.

Une immense scène sur laquelle sont dressés trois écrans géants. Une passerelle en forme de croix rejoignant un coeur au centre de l’amphithéâtre. Des éclairages éblouissants. Des décors à couper le souffle. Des chorégraphies parfaitement synchronisées. Des costumes flamboyants et provocants. Des projections vidéo hallucinantes. C’est entre autres ce à quoi nous avons eu droit avec Rebel Heart.

Grâce à des personnages tout droits issus du Japon médiéval, Madonna introduit son nouveau spectacle (avec presque 30 minutes de retard, mentionnons-le, même si dès la première note, elle était déjà pardonnée) avec les titres « Iconic » et « Bitch I’m Madonna », issus de son plus récent album. Les soldats de Mao se transforment peu à peu en personnages religieux alors que la chanteuse interprète « Devil Pray » et « Messiah ».

La recréation de La dernière scène avec des ecclésiastiques fétichistes est absolument stupéfiante, tant visuellement que symboliquement (même si amalgamer religion et sexe n’a plus la même portée provocatrice qu’à une certaine époque; même les danseuses en sous-vêtements qui portent le voile des nonnes étaient assez inoffensives).

Au cours du second segment (un peu moins fort), La Madone a chanté « Body Shop », « True Blue », « Deeper and Deeper » et « Heartbreak City ». Elle a ensuite fait plaisir à ses fans en leur offrant une version revisitée de « Like a Virgin ». Quand la diva plonge dans l’univers des bohémiens et des toréadors, elle se permet des interprétations colorées de « La Isla Bonita » et « Dress You Up ». Elle a également passé un bon moment dans la pointe de son coeur pour chanter certains refrains de façon acoustique. On pense notamment à « Ghosttown », qui ne faisait pas partie de son setlist officiel (il fallait voir son danseur/porteur de guitare reculer dans l’escalier pour comprendre qu’elle dérogeait légèrement du plan de base).

C’est dans la dernière partie que l’auteure compositrice-interprète a proposé des moutures revues et corrigées de ses classiques « Music », « Hard Candy » et « Material Girl ». Les chansons de la diva ont été remodelées de manière assez drastique, ce qui a pu écorcher certains fans qui auraient voulu des versions plus près des pièces originales.

L’un des meilleurs moments du spectacle s’avère cette interprétation douceâtre de « La vie en rose » d’Edith Piaf. Après tant de déhanchements suggestifs, il est bon de voir la star nous convaincre seulement grâce à sa voix cristalline et l’intensité qui s’en dégage. En rappel, La Madone a conquis les nostalgiques avec un « Holiday » des plus convaincants.

Madonna, qui a remercié ses fans de lui être aussi fidèles, a offert une prestation remarquable qui met certainement la barre très haute aux autres artistes qui fouleront la scène du Centre Vidéotron dans les prochains mois. Un baptême hérétique et rutilant pour le complexe de l’empire Péladeau.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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