Jean-François Mercier répond durement à un blogueur sur Facebook

,

Jean-François Mercier a définitivement du mal à lâcher le morceau. Bien qu’il avait déclaré qu’il quitterait Facebook pour un temps, l’humoriste revient à la charge en répondant à un message qu’un journaliste du site nightlife.ca lui a adressé.

L’auteur du billet, qui se fait appeler Le Détesteur, a écrit une lettre ouverte à Mercier lui disant qu’il était « le porte-étendard de milliers d’épais machistes ». Ils t’« applaudissent, te remercient donc d’avoir validé ce qu’ils pensaient déjà et remis les «féministes frustrées» à leurs places au lieu d’ébranler les moeurs qui rendent la vie de celles que t’aimes tant pénible ».

Bien qu’il plaidait en introduction l’aimer, comme la plupart des membres de la « génération Dollaraclip », Le Détesteur a souligné que personne ne l’accusait « d’être un violeur, de fermer les yeux sur le viol ou encore de faire son apologie » comme il le prétendait, mais qu’on l’avait plutôt « taxé de contribuer à la culture du viol en ayant recours au slutshaming ».

« (…) les agresseurs finissent toujours par tirer avantage des ambiguïtés relevées par la société, et souvent même, par les propres amis de la victime: «Ouin mais là, j’t’ai vue en fin de soirée avec ce gars-là, tu te frottais dessus pis t’as même accepté d’aller chez lui! Tu pensais que vous alliez faire quoi? Jouer à la Xbox One?». C’est aussi ça, la culture du viol: dire oui plus tôt dans la soirée, mais finalement changer d’idée et se voir brutalement forcée de le faire malgré le retrait clair du consentement. Il s’agit là, oui, d’une agression, et pourtant, on cherchera plutôt à souligner que la victime s’avère en fait à être une crisse de folle qui cherche les problèmes là où il n’y en a pas. Alors oui, on est contre le viol, mais on se donne le droit de déterminer ce qui en est un ou pas. »

« Et ta blague, Jean-François, malgré ce que t’en penses, et malgré tes intentions qui n’étaient probablement pas mauvaises, amène les gens à banaliser, à responsabiliser les victimes, à alimenter la pression que doivent subir les femmes tous les jours. »

« Tu t’es fait le porte-étendard de milliers d’épais machistes qui t’applaudissent, te remercient donc d’avoir validé ce qu’ils pensaient déjà et remis les «féministes frustrées» à leurs places au lieu d’ébranler les moeurs qui rendent la vie de celles que t’aimes tant pénible. Mais t’es très habile et celle-là, tu l’as remportée, et pas seulement toi, c’est une victoire pour les épais aussi. »

Jean-François Mercier, qui avait pourtant déclaré dans son dernier message qu’il quitterait Facebook pour un temps, a répondu à ce Détesteur par la missive suivante, dont vous pouvez voir certains des éléments primordiaux plus bas.

« Je vois que tu manipules bien l’euphémisme lorsque tu me dis que des centaines de personnes ont manifesté simultanément leur désaccord. Je ne sais pas si tu es allé lire les commentaires mais de mon point de vue, c’était beaucoup plus violent que de la simple déception. Ça s’apparentait beaucoup plus à un déversement de mépris et de haine. Évidemment, les commentaires que j’ai reçus en privé, tu n’y as pas accès mais tu devrais trouver des exemples à profusion dans les messages publics. Recevoir autant de haine et de mépris, ça m’a dévasté. »

« C’est vrai, honte à moi, je l’ai bien cherché. Si je ne voulais pas me faire agresser, j’avais juste à rester tranquille et à ne pas m’exposer à la vue ! »

« Par contre, oui, j’ai lu que plusieurs gens disaient que si tu t’habilles sexy, c’est normal qu’on te regarde. C’est difficile d’être en désaccord. C’est même vrai pour un homme. Par contre, là-dedans, il n’y a pas cette notion de manque de respect et de devoir de honte que tu as ajouté. »

« Lorsque je te lis, ce que je comprends c’est que ceux qui ont aimé la blague et qui m’ont défendu, ce sont des imbéciles machistes qui tentent de discréditer les féministes en les faisant passer pour des frustrées et des folles. Par contre, ceux qui me déversent leur fiel sans retenu, ce sont nécessairement des gens posés, intelligents et réfléchis. On sait tous les deux que l’imbécillité n’est pas l’apanage d’un point de vue. Je ne suis pas d’accord avec ton billet, est-ce que ça fait de moi un imbécile ? »

À la fin de sa lettre, Jean-François Mercier demande au journaliste de lui faire une liste des choses qu’il ne devrait pas dire en humour. Et comme ces sujets s’appliquent à lui, ils s’appliquent aussi aux autres humoristes, il déclare donc qu’il faudrait alors mettre à l’index les monologues d’Yvon Deschamps, d’empêcher du même coup Lise Dion de parler contre les hommes et bannir Woody Allen et Charlie Chaplin qui ont osé parler des atrocités de l’holocauste.

« J’aimerais aussi que tu m’expliques pourquoi, il y a plein de gags que d’autres humoristes ont fait à heure de grande écoute bien pire que mon gag de crème glacée en fait de nourriture pour la culture du viol et que ça a passé comme dans du beurre mais pas le mien », demande-t-il en conclusion au journaliste.

On souhaite à Jean-François Mercier un évènement semblable à celui qui permet aux journalistes d’abandonner le cas de Martin Matte dans son épisode des Beaux malaises portant justement sur le sujet. Le pont Champlain a bien d’autres morceaux fragiles qui pourraient tomber et rediriger la conversation?

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

Aimez-nous sur Facebook

Showbizz.net