Le Gala Comédiha d’Olivier Martineau : Stand-up et standing

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Avec son personnage du gars frustré, Olivier Martineau, très fort dans le stand-up classique, a donné le ton dès les premières minutes à cette soirée qui a mélangé une génération de nouveaux humoristes à celle des vétérans.

Le décor du gala d’Olivier Martineau n’aura résisté que quelques secondes entre les mains de celui qui ne peut supporter tant de fioritures. Il a balancé le joueur de piano, l’escalier, le ventilateur et les danseuses de baladi en moins de deux pour se retrouver rapidement sur une scène exempte de fioritures, devant un public attentif. Son monologue d’ouverture était certainement efficace. Il s’est exprimé sur le gouvernement et ses failles, terminant sur une note contestataire : « On n’est pas en crise Couillard, on est en criss ».

Mathieu Cyr a été le premier invité de Martineau à monter sur scène ce soir. Le nouveau papa a parlé de son nouveau rôle et de son expérience à l’accouchement de sa femme. « L’homme est aussi inutile à l’accouchement qu’un homme-tronc à Fort Boyard ». Il a aussi discouru sur l’asthme dont il souffre, la maladie qui, selon lui, est la moins virile au monde. Jean-Thomas Jobin a succédé à Cyr avec un numéro issu de son univers absurde dans lequel il se plaignait ne pas être particulièrement efficace dans le dirty talk et où il s’imaginait ce que les organes génitaux pourraient s’échanger comme conversation pendant les préliminaires. Jobin possède un genre bien a lui et arrive à faire entrer le public dans sa douce démence sans trop d’efforts.

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© Showbizz.net

Réal Béland est ensuite entré sous une hystérie collective. Visiblement, les gens de Québec apprécient l’interprète du King des ados. Il y est allé d’un numéro sur les phrases qui nous font réaliser certaines choses. Une voix enregistrée précédait chacune de ses interventions, qui faisaient mourir de rire le public déjà conquis.

L’humoriste Olivier De Benoist a été la surprise de la soirée avec son numéro sur la défense du genre féminin. Le Français a donné deux fusils à eau à des spectatrices dans la première rangée afin qu’elles puissent l’arroser quand ses propos misogynes dépassaient l’entendement. Pas besoin de préciser que l’humoriste est reparti en coulisses, détrempé, laissant par contre derrière un public comblé. L’adorable et excellente Virginie Fortin a enchaîné avec un thème d’apocalypse. « Les humoristes ne sont qu’à un très gros tremblement de Terre de ne plus exister », disait-elle, rappelant que le comique n’est pas le premier sur la liste des personnes utiles dans l’éventualité d’une fin du monde (et précisons au passage que la journaliste culturelle est probablement bien plus loin encore dans l’index des priorités).

Olivier Martineau a clos la première partie de son gala avec un sketch dans lequel il interprétait un policier efféminé qui doit aider l’un de ses collègues (Hugo Dubé) sur la scène d’un vol. Le personnage est revenu dans une autre saynète au retour de l’entracte. Il est alors devenu un apprenti médecin épaulant un comparse (Louis Champagne) dans une salle d’opération. Bien que la foule semblait apprécier le spectacle, le manque de subtilité et les blagues de premier niveau m’ont personnellement laissée perplexe.

Dominic et Martin, un duo à la complicité enthousiasmante, sont arrivés sur scène sous les chauds applaudissements d’une foule debout pour les accueillir. Ils y sont allés d’une conversation sur la langue française et ses nombreuses subtilités. Un numéro bien écrit et bien livré. L’animateur a ensuite présenté Sylvain Larocque comme d’un être « drôle et pertinent ». Il n’y a effectivement pas de meilleure façon de décrire l’homme et son humour recherché que ces deux mots. Pour parler de son intolérance envers les racistes, Larocque a débuté son numéro par la phrase : « Je vais vous parler de la fois où j’ai failli tuer Boucar Diouf »; déjà il avait toute l’attention des deux mille spectateurs.

Martineau a ensuite pris le contrôle de la scène du Grand Théâtre pour prouver qu’il valait mieux être trop méchant que trop gentil. « Les humoristes trop gentils deviennent des magiciens ». Michel Barrette n’a, quant à lui, rien perdu de son aplomb légendaire. L’humoriste collectionneur de vieilles voitures s’est prononcé sur les sacres ainsi que sur les questions inutiles et agaçantes que les caissiers nous posent dans les magasins ou à l’épicerie. Finalement, Jean-Michel Anctil, en écriture de son nouveau spectacle, nous a livré un numéro original sur la différence mettant en scène son personnage le plus célèbre; Râteau. Évidemment, la foule était en émoi.

Le gala s’est terminé sur un autre sketch (encore une fois, la perplexité me gagna) avec Olivier Martineau. Cette fois, Marie-Soleil Dion interprétait sa petite amie. Il traumatisait les parents de cette dernière, joués par Jacques L’Heureux et Sandrine Bisson, par son comportement déplacé et envahissant.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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