Francofolies 2015 : Patrice Michaud : Bête de scène

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Chanteur exceptionnel, guitariste admirable, humoriste et raconteur à ses heures, le Gaspésien de Cap-Chat est un artiste à découvrir (si ce n’est pas déjà fait) qui domine la scène avec la rage du fauve.

En quatre ans de carrière, Patrice Michaud en est à sa quatrième prestation aux Francofolies de Montréal. Il est entré sur scène, fier et complice avec son public, mentionnant même qu’il s’agissait de l’une des premières fois qu’il se donnait en spectacle à Montréal et qu’il n’était pas intimidé par le panache de la métropole.

Il a débuté la soirée en entamant « Des cowboys, des indiens », puis a enchaîné avec « On fait comme si » tiré de son premier album, Le triangle des Bermudes. Chacune des interventions de l’auteur-compositeur-interprète relevait d’un numéro de stand-up d’un humoriste expérimenté. Il a introduit la chanson « Je cours après Marie » en expliquant que dans sa jeunesse, il tentait de séduire les filles au patinage libre. Il a alors expliqué le concept du « patinage libre » aux montréalais, assumant que coin St-Laurent/St-Catherine, l’activité pouvait être nébuleuse.

Il a également parlé des changements qui se sont opérés dans sa vie depuis sa dernière visite au Club Soda; il a notamment appris quelques pas de danse et a découvert comment placer ses cheveux hirsutes. Avant d’entamer « M’espères-tu? », il a discouru sur la tournée et la relation qu’il entretient avec ses trois musiciens. Pour introduire chacun d’eux, il a dépeint le rapport qu’ils avaient, jeunes, avec l’émission Bleu nuit (une manière plutôt originale et inusitée de présenter ses musiciens, avouons-le).

Le jeune papa a ensuite conversé sur ses enfants avant d’entamer « Loin de Disneyland » et « Deux lignes rouges ». « J’ai écrit une chanson pour mes enfants, mais comme j’ai toujours trouvé ça quétaine les chansons pour les enfants, je me disais que je la mettrais pas sur l’album… Donc on l’a mis sur l’album », disait-il, moqueur. Quand est venu le temps de jouer « Le crash du concorde », il a révélé son amour pour le rock’n roll. Comme le public a été, selon lui, suffisamment constant dans ses claquements de mains, il lui a offert un bonus; un medley passant d’Elvis Presley à « Johnny B. Goode » de Chuck Berry. Un moment magique qui méritait, à lui seul, le coût du billet.

Au retour de l’entracte, il a avoué ses lacunes en anglais et a raconté une anecdote désopilante sur son passage au Casino de Halifax. Après avoir interprété « Quand j’reviens à la maison », il a invité Mara Tremblay sur scène pour qu’elle chante avec lui « Liverpool » de Renée Martel. Un autre moment fort de la soirée. Le Gaspésien à la voix d’or a, par la suite, enchaîné les titres « Jusqu’à ce que je tombe », « Des hommes ordinaires » (ma préférée!) puis « Le feu de chaque jour ». Évidemment, il a attendu à la toute fin du spectacle pour livrer son plus grand succès; « Mécaniques générales ». L’assistance s’est alors levée d’un bond, consacrant le triomphe de Patrice Michaud aux Francofolies.

N’abandonnant pas son public fébrile, l’auteur-compositeur-interprète est revenu sur scène sous les chauds applaudissements, invitant à nouveau Tremblay à l’accompagner, cette fois pour jouer « Les aurores », une chanson de sa convive.

Patrice Michaud, Le feu de chaque jour est un spectacle à voir et un album à avoir dans sa collection.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis neuf ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.