Gala Comediha Patrice L’Écuyer : Le baiser du cygne

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Vendredi soir, Patrice L’Écuyer animait le second gala ComediHa au Grand Théâtre de Québec.

Il est assez rare que le public ait la chance de voir Patrice L’Écuyer dans le rôle de l’humoriste. Dans les années 1990, l’animateur des Squelettes dans le placard faisait partie du duo comique Jacques et Normand avec son ami Bernard Fortin, mais depuis, les apparitions de L’Écuyer sur scène se sont faites rares. C’était donc un plaisir de le retrouver dans cet environnement inhabituel qui lui va pourtant si bien.

L’Écuyer est entré sur scène vendredi accompagné par une brigade de ballerines qui valsaient sur Le lac des cygnes. L’animateur était vêtu de collants, d’un justaucorps et d’un tutu, était coiffé de plumes blanches et s’élançait parmi les danseuses comme l’erreur dans l’équation. Il n’était pas sans rappeler Jim Carrey (leurs physiques sont d’ailleurs similaires) qui a récemment fait une apparition à Saturday Night Live accoutré comme la jeune danseuse du vidéoclip « Chandelier » de Sia. Les facéties de L’Écuyer ont été arrêtées par Mike Ward qui est venu critiquer son choix biscornu d’introduction. Ils se sont échangé quelques lignes avant que l’animateur quitte la scène, laissant Ward seul pour présenter le premier invité.

comediafest

François Massicotte a brisé la glace dans un numéro tiré de son spectacle Jugez-moi, dans lequel il parle de civisme, d’éducation et de savoir-vivre. Les quelques minutes – bien rodées – de Massicotte ont réchauffé la salle pour l’arrivée de Valérie Blais. La comédienne et humoriste s’est exprimée sur l’argent. « Il existe encore deux tabous aujourd’hui : l’argent et pourquoi L’auberge du chien noir existe encore », a-t-elle lancée d’emblée. Ses aptitudes dramatiques lui permettent quelques mises en situation intéressantes, malgré un sujet plutôt convenu.

Les Denis Drolet sont ensuite montés sur scène sur une variante heavy métal de la chanson thème de Passe-partout, qui leur sied – tout compte fait – assez bien. Ils ont brossé un portrait sombre de Walt Disney World avant de traumatiser public et poupées de chiffon. L’attachant P-A Méthot a ensuite pris les commandes de l’assistance dans un numéro sur l’alcool. Très sympathique! Le mystérieux Franky, avec ses allures de Pierre Légaré, a aussi charmé la foule avec ses jeux de mots et d’esprit surprenants.

Avant l’entracte, Patrice L’Écuyer s’est permis un stand-up dans sa plus pure tradition. « Mon prépuce a séché », a-t-il révélé sans gants blancs à la foule désarmée par la confidence. L’interprète de Benoît Frigon dans Unité 9 s’en est donné à coeur joie en décrivant l’opération génitale qu’il a dû subir. Au retour de la pause, Patrice a déclaré qu’il avait capté discrètement certains instants magiques pendant l’entracte. L’animateur a donc par la suite dévoilé des moments gênants filmés en caméra cachée (le tout organisé bien évidemment, mais ne brisons pas la magie…).

Jean-François Mercier s’est ensuite élancé sur scène avec l’aplomb qu’on lui connaît. Il a parlé du dressage de son chien et de son attachement à ce dernier. « J’aime plus ma blonde que mon chien, mais mon chien, c’est pour la vie. » Étienne Dano, confiant et solide, est venu expliquer ce qui a « fucké » sa génération; entre autres le cube Rubik, les jeux vidéo et les cours de FPS. L’imitateur Benoît Paquette – introduit comme un coup de coeur – est venu faire leur fête à certains humoristes populaires – dont Mike Ward, Louis-Josée Houde, André Sauvé, Sugar Sammy – les plaçant dans un contre-emploi. Les imitations, pas toujours tout à fait au point, étaient certainement divertissantes, et les textes méritaient l’ovation debout.

L’éternel gamin Stéphane Fallu est venu discourir sur les gens qui parlent trop, un numéro – lui aussi tiré de son nouveau spectacle – amusant et rythmé. Puis, Mike Ward, visiblement apprécié des gens de Québec, a pesté contre les racistes en racontant une ou deux tranches de vie.

La conclusion haute en couleur rappelait un peu un numéro que L’Écuyer avait livré alors qu’il animait les Jutra en 2010. Patrice a invité une jeune femme du public (encore ici on s’imagine bien que la chose était arrangée, mais on laisse le bénéfice du doute au gars des vues) à venir le rejoindre sur scène afin qu’ils recréent ensemble une scène d’amour pour la télévision. Après avoir conversé sur les termes du contrat, les deux protagonistes sont passés au lit, puis Ricardo Trogi est apparu pour diriger la scène. Un numéro original qui terminait bien la soirée.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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