Madame Lebrun : Quand la télé fait du théâtre

,

Dès le 27 mai prochain à Super Écran, Benoît Brière enfilera les atours de Germaine Lebrun, mère au foyer à la langue bien pendue, dans le but de nous dérider un peu. Nous avons pu visionner deux épisodes de cette nouvelle série, Madame Lebrun, inspirée de la série Mrs Brown’s Boys de la BBC Écosse.

Regarder Madame Lebrun, c’est un peu comme regarder du théâtre à la télévision. C’est du moins l’impression que j’ai eue en visionnant deux épisodes de la première saison qui sera diffusée dès la fin mai à Super écran. La sitcom est tournée devant public, comme l’était La Petite vie dans les années 90. Les personnages évoluent dans des décors en carton tarabiscotés et kitsch à souhait, à l’image du personnage principal. On a pratiquement l’impression de regarder une pièce de théâtre burlesque, comme celles du regretté Gilles Latulippe, avec de l’humour physique et grivois. Il faut nécessairement aimer le genre pour adhérer à la proposition faite par Madame Lebrun et son entourage. Et cela appelle irrémédiablement un résultat inégal.

Madame Lebrun, c’est l’histoire de Germaine Lebrun, femme au foyer et veuve, dont le passe-temps principal est de se mêler de la vie de ses amis et enfants. C’est « l’écornifleuse » en chef.

Madame Lebrun, c’est aussi le royaume du cabotinage, des pitreries et des discours salaces. Évidemment, Benoît Brière évolue dans cet univers comme un poisson dans l’eau. Il est littéralement hallucinant et capte toute notre attention, à tel point que la présence des autres comédiens nous semble superflue. Sa Germaine, un mélange de Madame Bell et de Miss Doubtfire, en impose! Et pourtant, il est bien entouré Brière pour ce projet. On retrouve dans la distribution les Sylvie Moreau, Pierre Hébert, Éric Bernier, Michel Laperrière, Pierre Collin, Sarah-Jeanne Labrosse, Hélène Major, Pierrette Robitaille et Marc Beaupré. Ceux-ci offrent de bonnes performances, mais laissent toutefois toute la place à Brière pour briller.

L’intérêt de Madame Lebrun réside surtout dans les moments plus informels, les ratés et les improvisations qui sont laissés au montage, pour notre amusement. Une belle idée, dans une mise en scène signée René-Richard Cyr (qui a aussi adapté les textes, savoureux, avec Maryse Warda). C’est là, franchement, que la série se démarque et où Benoît Brière nous fait craquer de rire. Il faut le voir dire « j’ai oublié ma sacoche dans l’autre décor » et partir à toute allure pour aller la chercher, laissant en plan ses collègues. On aurait pris plus de ces petits moments cocasses pendant lesquels on sent les comédiens, sauf Brière, craquer et perdre un peu leur sang-froid. Puis, il y a ces instants plus touchants, pendant lesquels Brière démontre toute l’étendue de son registre, qui sont rapidement désamorcés par le comédien. « Je suis un homme déguisé en femme, on se calme » balance-t-il à la foule émue. Original!

Madame Lebrun n’est pas dénuée d’intérêt, mais ne saura pas ravir tous les téléspectateurs. Pour les amateurs d’humour fin, il vaut mieux passer votre chemin. Pour les autres, vous pouvez vous attendre à une franche rigolade.

Stéphanie Nolin Littéraire de formation, passionnée du septième art, téléphile, mélomane curieuse, blogueuse culinaire en dilettante, férue de mots et de culture. Après une incursion prolongée dans le monde des communications universitaires, elle peut maintenant dire qu'elle concilie travail et passion en écrivant pour Cinoche.com et Showbizz.net... et elle ne s'en plaint pas du tout.

Aimez-nous sur Facebook

Showbizz.net