Stéphane Fallu : Le Robin de l’humour

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Stéphane Fallu amorce une tournée de spectacle avec son nouveau one-man show, Bon deuxième.

D’entrée de jeu Stéphane Fallu nous explique ce titre à double sens qu’il a choisi pour son nouveau spectacle. En plus du jeu de mots évident en lien avec son deuxième one-man show, l’humoriste dit avoir appris à être considéré comme le deuxième dans bien des sphères de sa vie. Il avoue ne pas ressentir cette nécessité d’être le premier dans tout. « J’accepte d’être Robin, de porter des habits de spendex et d’arriver en retard », dit-il, spécifiant que le rôle de Batman en est un beaucoup plus exigeant.

Stéphane Fallu introduit son spectacle grâce à la forme la plus traditionnelle du stand-up comique; un gag, un punch, avant de s’aventurer dans des anecdotes plus étoffées. Pendant deux heures, il exploite, entre autres, les thématiques de la paternité, des relations de couples, des passions, individuelles et collectives, et des peurs universelles.

Mais entendons-nous, Stéphane Fallu n’a jamais prétendu faire de l’humour introspectif ou intellectuel,quand on opte pour Stéphane Fallu plutôt qu’André Sauvé, on est conscient qu’il est possible qu’on compare des galettes de riz et un travesti ou des culturistes à des phoques avec des tatouages tribaux, c’est un risque qu’on est prêt à assumer.

Il faut l’avouer l’univers humoristique de Fallu en est un de premier niveau (ne cherchons pas trop le « deuxième » ici). Il y a peut-être certaines blagues qui auraient pu engendrer une réflexion, mais comme elles sont généralement précédées et succédées par des gags de pénis, l’introspection est d’assez courte durée… Mais entendons-nous, Stéphane Fallu n’a jamais prétendu faire de l’humour introspectif ou intellectuel, quand on opte pour Stéphane Fallu plutôt qu’André Sauvé, par exemple, on est conscient qu’il est possible qu’on compare des galettes de riz et un travesti ou des culturistes à des phoques avec des tatouages tribaux, c’est un risque qu’on est prêt à assumer. Dans son domaine d’expertise (les gags débridés et souvent grivois), Stéphane Fallu excelle, il faut aussi l’avouer.

Son rire communicatif séduit le public avec qui il échange régulièrement. Ces nombreuses interactions auraient pu être difficiles à gérer s’il se retrouvait dans une salle taciturne, mais il a trouvé une manière originale de régler le problème; il part parfois « bouder » sur l’une de ses plates-formes et y exprime ce qu’il n’aurait pas eu la chance de dire autrement. Il pourrait donc aller se plaindre d’un public moins réceptif et ainsi détendre l’atmosphère et permettre aux spectateurs de participer davantage.

Ces trois plates-formes circulaires font partie d’une mise en scène intelligente de Martin Cloutier. Fallu les utilise d’ailleurs adroitement, tout comme la lumière, qui prend une place prépondérante au sein de son spectacle et qui lui permet de rendre ses textes avec plus justesse. Il reste important de préciser que même si on revient à la phase anale avec Fallu, l’humoriste ne s’avère jamais d’une vulgarité décoiffante, comme d’autres sur le circuit des humoristes québécois qui misent justement sur la provocation. Stéphane Fallu ne sacre pas (ou très peu) et ne cherche pas à provoquer. Simplement à divertir. Et c’est justement la raison pour laquelle on l’a choisi.

Voyez toutes les dates de la tournée sur le site officiel de l’artiste.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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